Robin, fils de Batman

Auteur: Patrick Gleason - Ray Fawkes

Editeur: Urban comics

Dessinateur: Patrick Gleason - Ramon Bachs - Mick Gray

La fameuse quête de la rédemption. Il s’agit sans doute de l’un des points fondamentaux d’une bonne partie des super-héros. Mettre en place cette quête pour un personnage aussi fort que Damian peut être un pari risqué mais peut être également bougrement intéressant. Réjouissons-nous, les auteurs s’en sortent plutôt bien.

Le point fort de ce livre est le traitement de Damian justement. Le personnage est respecté tout en lui donnant une nouvelle direction. De ce fait, nous avons droit à un personnage capricieux, froid, et pourtant très attachant. Dans le même ordre d’idée, le personnage s’exprime de façon très directe. Il y a un vocabulaire assez fort et des insultes mais, en même temps, le personnage fait sourire de de par son utilisation fréquente du sarcasme.

 

Concernant la quête de de la rédemption à travers le voyage aux quatre coins de la planète, elle est également brillamment traitée. Il y a un côté répétitif mais les surprises sont nombreuses et l’écriture est à la fois dynamique et légère. Autant dire que le côté répétitif en est plus qu’amoindri. De même, le personnage de Goliath, qui n’aurait pas vraiment sa place à Gotham, tient ici un rôle essentiel. Il s’agit, là encore, d’une très bonne idée qui renforce cette idée de voyage constant. Les décors et les personnages forts s’enchaînent rapidement pour le plaisir du lecteur.

 

Petit point qui mérite un peu plus le débat : la fille de Personne. Si son intervention reste une bonne idée et si elle permet de faire un lien avec tout ce qui a été fait par le passé (et notamment la plus grosse erreur de Damian , disponible également chez Urban Comics dans la série Batman & Robin), le personnage est victime d’une complexité souvent injustifiée donnant à la jeune femme un manque de charisme certain. Les décisions qu’elle prend sont souvent douteuses voire contradictoires. Difficile de cerner et donc d’apprécier un personnage lorsque le personnage lui-même n’a pas l’air de savoir sur quel pied danser.

De manière générale, on notera tout de même une grosse différence entre la première partie du comics et la deuxième, marquée par le départ de Gleason. Déjà concernant les dessins qui, bien que de bonne facture, restent éloignés de ce qui a été fait dans la première partie. La division du comics en deux est donc d’autant plus flagrante. De plus, une fois que Ray Fawkes arrive au scénario, on a un peu l’impression que l’on tourne en rond, que l’on revient en arrière. C’est comme si Ray Fawkes se forçait à continuer l’histoire mise en place par Gleason au lieu de, pourquoi pas, partir sur autre chose ou, au moins, donner une nouvelle dimension au voyage. Résultat, dans la deuxième partie, vous avez bien des thèmes différents ainsi que le lien familial qui est accentué, mais vous avez tout de même ce sentiment de voyage prolongé alors que, finalement, Gleason en avait déjà presque terminé.

 

Côté dessin, le travail effectué est impressionnant. Dès lors que Robin est sur Goliath, vous avez droit, le plus souvent, à de superbes pages pleines de couleurs. De manière générale, on notera d’ailleurs que le comics est très coloré, très lumineux et qu’il casse réellement avec ce que nous voyons d’habitude (soit Damian au cœur de Gotham) afin de renforcer le thème du voyage. On notera également qu’il y a une alternance au niveau des visages de Robin. Tantôt il peut avoir le visage fermé, comme à son habitude, tantôt il peut avoir un visage avec plus de mimiques, lui donnant un côté espiègle. Ajoutez à ce dernier point un peu plus de cabrioles lors des combats et vous avez un Damian qui n’est pas dénaturé mais qui reste un peu adouci, un peu dans la lignée des autres Robin.